| La tournée qu’organise la chorégraphe et danseuse Sabah Benziadi. avec son spectacle « mille et sept voiles » continue de rencontrer un franc succès. Après Gela (Sicile), Le Caire, Sciacca, deux soirées à Menfi-Inycon (Sicile), la voici à Cefalù, devant un public de plus de 2000 spectateurs au Teatro Arena DAFNE.
La chorégraphe a tenu son public en haleine pendant toute la durée du spectacle où les « exploits » artistiques se succédaient dans le faste des jeux pyrotechniques.
Sabah Benziadi a donné le meilleur d’elle-même et elle a exprimé toute la richesse de ses sentiments dans les suites de pas entremêlés des différentes danses (arabes, Hawzi, touaregs, berbères, moyen-orientales et maghrébines, surtou les danses algeriennes) en équilibre entre formes classiques et tonalités contemporaines.
Lors d’un duo remarquable d’intelligence technique exécuté avec le percussionniste Nordine, notre danseuse a su remplir le public d’émotion
S.B., toute en feeling, a dominé la scène de la grâce souple et féline de ses mouvements. Belle et fuyante, présente et absente, emportée par la perception de la musique. La danse est d’ailleurs la seule discipline artistique qui fasse voir la musique, et elle le fait à travers le corps ; ce qui confirme le lien qui unit la musique et la danse à la sphère de l’ « Eros ».
Tout le charme du spectacle réside dans la tension de l’attente, une attente qui n’est jamais exaucée, jamais amenée à son terme, mais plutôt séduite par une autre attente plus « chaude » encore. Emergeant de l’obscurité de la nuit, des danseuses posent et miment le feu, danseuses d’un mystère antique et excitant qui rappelle les initiations à des cultes disparus et agit sur l’âme même des spectateurs.
Chaque chorégraphie a été pensée avec un texte caché anime la stupeur et l’émerveillement fastueux de ce qui apparaît
Ce texte invisible est généré par la musique mais aussi par une tension que Sabah l’artiste a vers l’absolu.
Emblématique la danse du Touareg qui donne des expressions de solitude profonde à l’idée de désert, jusqu’à devenir mouvement cosmique soufi qui par sa rotation s’intègre à l’univers.
Les autres danseuses et l’actrice Khadra apportent une féminité lumineuse à la danse : elles allument les feux d’une généalogie de l’âme méditerranéenne. Elles dansent vêtues d’un flamboiement d’argents, de pierres précieuses et de robes féeriques qui font resplendir de divinité la beauté de leur corps de femme.
Tout un versant du spectacle affronte les grands problèmes sociaux : la désertification, la migration des peuples pauvres vers les aires du bien-être, signes du mal-être naturel et économique de la société globale.
En ces moments de spectacle la danse de S.B. devient théâtre. La scène se charge d’une tension mimique expressive qui fait réfléchir le spectateur avec une grâce légère.
Enzo Salsetta critico Teatrale. Roma |